En anesthésie, l’électrocardiogramme (ECG) n’est pas là pour diagnostiquer une maladie cardiaque : ce rôle appartient au vétérinaire et nécessite un examen complet.
En revanche, en monitoring anesthésique, l’ECG est un outil essentiel pour vérifier la cohérence du rythme cardiaque, détecter une arythmie, et s’assurer que le chiffre affiché correspond bien à une activité mécanique réelle.
Pour les ASV, l’ECG est avant tout un outil de cohérence entre l’électrique et le mécanique.
À quoi sert l’ECG en anesthésie ?
L’ECG permet de visualiser l’activité électrique du cœur.
Mais attention : l’électricité ne garantit pas la contraction.
C’est pourquoi l’ECG doit toujours être interprété en parallèle avec :
- la palpation du pouls
- l’auscultation
- la pression artérielle
- la capnographie
Un ECG peut afficher un rythme “normal” alors que le cœur ne contracte pas efficacement (ex : dissociation électromécanique). D’où l’importance de vérifier la cohérence entre la courbe, le chiffre et le patient.
Comprendre les ondes : P, QRS, T et leur lien avec la contraction
L’ECG représente l’activité électrique du cœur en trois grandes phases :
L’onde P qui correspond à la dépolarisation des oreillettes.C’est le signal électrique qui prépare la contraction auriculaire.
Le complexe QRS qui représente la dépolarisation des ventricules.C’est l’événement électrique qui déclenche la contraction ventriculaire, donc le pouls palpable. Le complexe QRS est l’onde la plus importante en anesthésie, car c’est elle qui correspond à la contraction mécanique.
L’onde T qui représente la repolarisation des ventricules. C’est la phase de récupération électrique avant le battement suivant.
En résumé :
- P = oreillettes
- QRS = contraction ventriculaire
- T = récupération

Le chiffre de FC : fiable… seulement si la courbe l’est
Le moniteur affiche une fréquence cardiaque calculée à partir des complexes QRS.
Mais si la courbe est bruitée, instable, ou si les électrodes sont mal placées, le chiffre peut être faux. Le chiffre n’a de valeur que si la courbe est propre, régulière et bien formée.
C’est pourquoi l’ASV doit toujours :
- regarder la courbe
- écouter le cœur
- palper un pouls
- vérifier la cohérence entre les trois
Placement des électrodes : « le soleil sur la prairie »
En anesthésie, on utilise généralement une dérivation simple (Lead II), idéale pour visualiser les QRS.
Placement standard (Lead II)
- Rouge : membre thoracique droit
- Jaune : membre thoracique gauche
- Vert : membre pelvien gauche
- Noir : membre pelvien droit (électrode neutre)
👉 Astuce mnémotechnique :
“Le soleil (jaune) se couche sur la prairie (vert), et le Rouge va à dRoite.
Fixation
Il y deux systèmes reconnus à ce jour : soit les pinces qui doivent être humidifiées avec du gel conducteur ou de l’alcool, soit des patchs réhumidifiées. On place généralement les pinces au niveau proximal des membres (épaules, coudes, aines) et les patchs au niveau des coussinets.

Que surveiller sur l’ECG en anesthésie ?
Lors du monitoring anesthésique, la première chose à observer est la régularité du rythme. Un rythme irrégulier peut traduire une arythmie et doit toujours attirer l’attention, même si l’animal semble stable. Cela peut provenir de certaines molécules utilisées en anesthésie ou être pathologique. Le DV doit être informé.
Il est également essentiel de vérifier la cohérence entre la courbe et le chiffre affiché. Si la fréquence cardiaque indiquée paraît aberrante ou incohérente avec l’examen clinique, il faut immédiatement suspecter un problème de contact ou de placement des électrodes.
L’ASV doit aussi s’assurer qu’il existe un complexe QRS pour chaque battement. Sans QRS, il n’y a pas de contraction ventriculaire efficace, ce qui signifie que l’activité électrique ne se traduit pas en activité mécanique. LE DV doit être tenu informé !
La qualité du tracé est tout aussi importante : un ECG perturbé par du “bruit” — mouvements, électrodes sèches, gel insuffisant — devient difficile à interpréter et peut induire en erreur. Un tracé propre est indispensable pour une lecture fiable.
Enfin, l’ECG doit toujours être mis en relation avec la perfusion réelle du patient. Un tracé parfaitement normal n’exclut pas une hypotension sévère : le cœur peut battre régulièrement tout en perfusant mal. C’est pourquoi l’ECG ne doit jamais être interprété seul, mais toujours en cohérence avec la pression artérielle, le pouls et l’état clinique global.
ECG et anesthésie : ce que l’ASV doit retenir
- L’ECG montre l’électricité, pas la force de contraction.
- Le QRS correspond à la contraction ventriculaire.
- Le chiffre de FC n’est fiable que si la courbe est propre.
- Toujours vérifier la cohérence avec le pouls et la PA.
- Un ECG “normal” n’exclut pas une hypotension sévère.
- Le placement des électrodes est essentiel pour une courbe lisible.
Conclusion
L’ECG est un outil simple mais essentiel en anesthésie.
Il ne sert pas à poser un diagnostic, mais à surveiller la cohérence du rythme, détecter une arythmie, et s’assurer que le cœur bat de manière régulière et efficace.
Grâce à leur vigilance, leur maîtrise du matériel et leur capacité à interpréter la courbe, les ASV jouent un rôle central dans la sécurité anesthésique.
FAQ — ECG en anesthésie
1. À quoi sert l’ECG en anesthésie ?
À surveiller le rythme cardiaque et la cohérence entre activité électrique et mécanique.
2. Le chiffre de FC est-il toujours fiable ?
Seulement si la courbe est propre et bien formée.
3. Que représentent les ondes P, QRS et T ?
P = oreillettes, QRS = contraction ventriculaire, T = repolarisation.
4. Comment placer les électrodes ?
Selon la règle rouge‑jaune‑vert‑noir, en Lead II, sur peau propre et humidifiée.
5. Un ECG normal garantit-il une bonne perfusion ?
Non : un patient peut avoir un ECG normal mais une PA très basse.

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