En anesthésie vétérinaire, la préoxygénation s’impose aujourd’hui comme une étape incontournable avant toute induction. Simple, rapide, non invasive, elle améliore significativement la sécurité des patients. Et au cœur de cette procédure, un acteur essentiel : l’ASV, véritable garant de la préparation anesthésique.
Une étape clé juste avant l’induction
La préoxygénation consiste à faire respirer au patient de l’oxygène pur (FiO₂ 100 %) pendant 3 à 5 minutes, idéalement dès son installation au masque.
Cette courte phase permet de remplacer l’azote contenu dans les poumons par de l’oxygène, augmentant ainsi les réserves disponibles au moment critique de l’induction.
Selon Murrell (2015), cette augmentation de la réserve fonctionnelle en oxygène offre au patient un véritable « temps tampon » en cas d’apnée ou d’intubation difficile. Scarlett (2011) rappelle que lorsque l’animal respire l’air ambiant, la majorité du gaz présent dans les poumons est de l’azote ; augmenter la FiO₂ revient donc à constituer une réserve vitale immédiatement mobilisable.
Pourquoi est-ce si important ?
La préoxygénation permet de :
- Retarder l’apparition de l’hypoxémie lors de l’apnée induite par l’anesthésie
- Augmenter la sécurité en cas d’intubation prolongée ou compliquée
- Stabiliser le patient fragile avant une induction rapide
- Optimiser l’oxygénation chez les animaux présentant une capacité respiratoire réduite
En d’autres termes : quelques minutes de préparation peuvent éviter des secondes critiques.
Une technique simple mais exigeante
Pour être efficace, la préoxygénation nécessite :
- un masque adapté et bien ajusté, sans compression excessive
- un débit d’O₂ à 100 %
- une respiration calme et régulière
- une surveillance attentive de la tolérance (stress, agitation, lutte)
L’objectif n’est pas de forcer, mais d’accompagner. Une mauvaise expérience peut augmenter le stress et réduire l’efficacité du geste.
Tous les patients sont concernés — certains en dépendent
Si la préoxygénation est recommandée pour tous les animaux anesthésiés, elle devient indispensable chez :
- les brachycéphales
- les animaux âgés
- les patients obèses
- les animaux en détresse respiratoire
- les urgences
- les patients ASA ≥ III
Ces profils présentent une réserve pulmonaire réduite ou une sensibilité accrue à l’hypoxie.
Chien vs chat : deux approches, un même objectif
🐶 Chez le chien
La préoxygénation est généralement bien tolérée. Les chiens respirent amplement, ce qui permet une oxygénation rapide et efficace.
Durée recommandée : 3 à 5 minutes.
🐱 Chez le chat
La tolérance est plus variable. Le stress peut compromettre la procédure.
Même 1 à 2 minutes peuvent toutefois apporter un bénéfice réel.
La douceur, le cocooning et l’absence de contrainte excessive sont essentiels.
Le rôle central de l’ASV
Au-delà de la technique, la réussite de la préoxygénation repose sur le savoir-faire relationnel et clinique des ASV. Leur rôle comprend :
- l’installation du masque et le choix du matériel
- la mise en confiance du patient
- la surveillance du débit d’O₂
- l’évaluation de la tolérance
- l’alerte en cas de difficulté
Grâce à leur présence constante auprès du patient, les ASV sont les premiers garants de la sécurité anesthésique.
La préoxygénation ne fait pas perdre du temps
Bien au contraire :
elle en fait gagner sur la sécurité, la stabilité et la sérénité de toute l’équipe.
Quelques minutes d’anticipation peuvent éviter des complications majeures.
Et chaque jour, dans les blocs vétérinaires, les ASV en sont les artisans discrets mais indispensables.
FAQ — Oxymétrie de pouls
1. Quelle est la valeur normale de SpO₂ sous anesthésie ?
Entre 95 et 100 %. En dessous de 94 %, il faut vérifier le patient.
2. Pourquoi la courbe est-elle aussi importante que le chiffre ?
Parce que le chiffre n’est fiable que si la courbe est propre, régulière et bien formée.
3. Que faire si le signal est faible ?
Humidifier légèrement le site (eau, compresse humide, gel écho) et repositionner la sonde.
4. Quels facteurs faussent la SpO₂ ?
Pigmentation, vasoconstriction, hypothermie, mouvements, lumière ambiante.
5. L’oxymètre remplace-t-il l’examen clinique ?
Non : il complète l’observation, l’auscultation et la capnographie.

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